ANTOINE HENRI BECQUEREL (1852 - 1908)

Radrizzi Gilles, 1B, 1999-2000

Henri BECQUEREL, fils d'Edmond Becquerel naît à Paris au sein d’une famille de scientifiques en 1852, dont les plus célèbres sont son grand-père, Antoine-César Becquerel et son père, Alexandre-Edmond Becquerel. Il passe la plupart de son temps dans le Musée où ce dernier habite et travaille. Il fait ses études au Lycée Louis-le-Grand et a comme professeur le grand mathématicien Gaston Darboux. Entré à l'Ecole Polytechnique en 1872, il en sort en 1874 pour rejoindre le corps des Ponts et Chaussées où il devient ingénieur en chef en 1894. Il épouse Lucie Jamin, fille de son professeur de Physique à l'Ecole Polytechnique (Jamin est un opticien de renom et académicien). Becquerel devient ingénieur en 1877 mais abandonne l'administration pour se consacrer à la physique.


Ses premiers travaux de recherche portent principalement sur l'optique. Entre 1875 et 1882, il s'intéresse à la polarisation rotatoire induite par des champs magnétiques et à la polarisation atmosphérique. A partir de 1883, il étudie les spectres infrarouges des vapeurs metalliques. De 1886 à 1888, il étudie l'absorption de la lumière dans les cristaux et soutient sa thèse de doctorat en 1888.
En 1889, il est élu à l'Académie des Sciences. Nommé professeur de physique au Musée d'Histoire Naturelle, en 1892, après la mort de son père, il conclut sa leçon inaugurale consacrée à ses deux prédécesseurs, son père et son grand-père, en parlant "d'une vie toute entière consacrée au culte de la science".
En 1895, il devient professeur à l'Ecole Polytechnique.

C'est le 20 janvier 1896, encouragé par Henri Poincaré qu'il décide d'entreprendre des recherches pour savoir si la fluorescence des sels d'uranium, étudiée depuis deux générations au Musée, est de même nature que les rayons X, découverts quelques semaines plus tôt par le physicien Röntgen.
Guidé par cette idée - qui allait bientôt se révéler fausse - Becquerel choisit pour ses expériences un sel qu'il est en train d'étudier: le sulfate double d'uranyle et de potassium (sel d'uranium). Becquerel enveloppe une plaque photographique avec deux feuilles de papier noir très épais tel que la plaque ne se voile pas par une exposition au Soleil pendant une journée. Ensuite il pose sur la feuille une plaque de la substance phosphorescente et expose le tout au rayonnement du Soleil pendant plusieurs heures. Après développement de la plaque photographique, Becquerel distingue clairement la silhouette de la substance phosphorescente qui apparaît en noir sur le cliché. Il répéte la même expérience en interposant une mince plaque de verre entre la substance phosphorescente et la feuille de papier noir, pour éviter que des gaz éventuels, formés à cause du rayonnement solaire, n’influencent le papier photographique par une réaction chimique. Le résultat étant le même que pour la première expérience, Becquerel conclut que la substance phosphorescente émet des rayonnements capables de passer à travers le verre et du papier opaque à la lumière, et de réduire les sels d’argents.

Le 26 et 27 février de la même année, Becquerel prépare quelques expériences. Les conditions météorologiques étant mauvaises, il laisse ses plaques photographiques ainsi que le sel d'uranium dans un même tiroir, isolés du rayonnement solaire. Le 1er mars, Becquerel développe ces plaques photographiques et il remarque que les clichés représentent la silhouette du sel d’uranium et ceci avec la même intensité que s’ils avaient étés emis à la lumière du Soleil.

Répétant cette expérience plusieurs fois, Becquerel suppose que les radiations émises par le sel d’uranium, dont les effets sont semblables avec les effets produits par les radiations étudiées par M. Röntgen, seraient des radiations invisibles émises par phosphorescence et dont la durée de persistance serait infiniment plus grande que la durée de persistance des radiations lumineuses émises par ces corps. Même si ces expériences ne sont pas contraires à cette hypothèse, elles ne permettent pas de la formuler.

Après avoir continué ses expériences, Bequerel annonce dès le lundi 2 mars, à la séance hebdomadaire de l'Académie des Sciences, la découverte des rayons uraniques.
Il était temps car, en Angleterre, à Londres, Thompson travaille aussi sur la fluorescence du nitrate d'uranium et s'apprète à publier ses résultats. Le destin a permis que Becquerel le devance de très peu de temps...

Après cette découverte, Becquerel continue ses expérimentations. Il vérifie que la phosphorescence n'est pas nécessaire à l'émission du rayonnement et que celui-ci est dû à l'uranium lui-même. A la même époque, Marie Curie, épouse d'un physiscien confirmé, Pierre Curie choisit come sujet de thèse l'étude des nouveaux rayonnements uraniques de Becquerel. Quatre mois plus tard, elle présente à l'Académie des Sciences une note dans laquelle elle confirme - comme Becquerel l'avait déjà énoncé - que le rayonnement uranique est aussi une propriété des composés de thorium et de certains sels minéraux comme la pechblende ou la chalcolite. C'est alors que Marie Curie donne le nom de "radioactivité" à l'émission par différents corps chimiques de rayonnements analogues à ceux de l'uranium. Pierre et Marie Curie découvriront ensuite le polonium en juillet 1898 puis le radium en décembre 1898.

A la fin de 1903, le Prix Nobel de Physique est attribué à Becquerel, Pierre et Marie Curie pour leur découverte de la radioactivité naturelle et leurs études des rayonnements émis.

Après ce prix Nobel, Henri Becquerel continue ses travaux en collaboration avec les Curie.

Se basant sur ses recherches, Becquerel a cependant encore contribué d’avantage à la science. Ainsi en 1899-1900, il mesure la déflection des particules beta. A partir des résultats ainsi obtenus, il prouve que la particule beta est la même chose que l’électron, récemment identifié par Joseph John Thomson.

En outre, Becquerel se rend compte de l’influence physiologique dont dispose la radiation. En effet, c’est en observant les brûlures causées pas un échantillon de radium actif qu’il portait dans sa poche que Becquerel se rend compte de l’importance qu’ont les radiations pour la médecine.

En dernier lieu, il découvre qu’une substance se trouvant dans l’uranium, l’uranium X, perd sa capacité de radiation à travers le temps. Pourtant, l’uranium, quoique inactif lorsqu’il vient d’être préparé, regagne sa perte de radioactivité. Lorsque Ernest Rutherford et Frederick Soddy dévouvrent le même phénomène dans le thorium X et le thorium, ils formulèrent une théorie qui explique ce phénomène par l’existence d’un changement chimique au niveau subatomique au cours duquel un élément transmute spontanément vers un autre élément.

Hélas, Henri Becquerel meurt prématurément à Croisic le 25 août 1908 à l'age de 56 ans.


Source: Sites Internet, Encyclopédie "Britannica", Encyclopédie "Notre Monde"